Présentée en 1971, la référence 5403 doit son surnom « Cobra » à son bracelet intégré en écailles articulées, qui se prolonge du boîtier jusqu'au fermoir sans la moindre rupture visuelle. Ce parti pris, plus proche de la joaillerie que de l'horlogerie classique, en fait l'une des silhouettes les plus singulières jamais produites par la manufacture du Brassus.
Ce qui rend la Cobra particulièrement notable, c'est sa place dans la chronologie de la marque : elle précède d'un an la toute première Royal Oak (réf. 5402, 1972). À une époque où la crise du quartz pousse les manufactures suisses à prendre des risques esthétiques pour se démarquer, Audemars Piguet expérimente déjà avec des formes de boîtier et des bracelets intégrés bien avant que Gerald Genta ne dessine l'icône qui allait redonner un nouveau souffle à la marque.
La Cobra existe en deux références distinctes : la 5403 originale, à affichage heures-date, et la 5587 sortie en 1984, qui reprend les mêmes proportions de boîtier avec un affichage jour-date supplémentaire. Les deux ont été produites exclusivement en or jaune ou en or blanc — jamais en acier — ce qui, combiné à la complexité de fabrication du bracelet articulé, en a toujours fait une pièce de production confidentielle.
Longtemps restée dans l'ombre de la Royal Oak qu'elle a précédée, la Cobra suscite un intérêt croissant chez les collectionneurs en quête de vintage AP hors des sentiers battus. Sa rareté et son design qui ne ressemble à aucun autre modèle de la maison en font aujourd'hui une pièce recherchée, portée par la cote grandissante de tout le vintage Audemars Piguet des années 1970.